Court historique du Kendo

Le Kendo (littéralement, la voie du sabre) est l’héritier du Kenjutsu (techniques du sabre) et des duels des samurais. C’est un art martial avec une dimension sportive (développement physique, compétitions, etc.) mais aussi spirituelle (développer sa force de caractère, sa détermination)

C’est la plus ancienne discipline du Budô (littéralement, la « voie du guerrier »).

L’âge d’or du Kenjutsu

L’époque Edo (1600-1868) marqua l’essor du Kenjutsu.

Après une longue période de guerres suivie par plus de deux siècle de paix, l’art du sabre perdit la finalité qu’il avait alors sur les champs de bataille. Dès lors, l’enseignement de l’art du sabre prit une dimension nouvelle. L’étude du Kenjutsu se poursuivit, en outre afin de développer les aptitudes physiques et combatives, mais aussi afin de permettre aux Kenshi, les pratiquants du sabre, de forger leur personnalité. Le sabre qui donne la mort, Setsuninto, devint alors le sabre qui donne la vie : Katsuninken.

Naissance du Kendo

Au début du XVIIIe siècle, l’introduction de l’armure (Bogu) et des sabres en bambou (Shinai) dans la pratique du Kenjutsu permet d’autoriser les frappes réelles pendant les assaults.

La Restauration Meiji (1868) qui marqua le passage brutale de l’époque médiévale japonaise à l’ère moderne, interdit entre autre le port du sabre et la caste des samurais fut alors amenée à disparaître. Les arts martiaux furent délaissés au profit des techniques militaires occidentales.

C’est notamment grâce aux écoles de police que les arts martiaux, dont le Kenjutsu, ont pu perdurer.

En 1912, les différentes écoles de sabre, aspirant à s’unifier afin d’assurer la transmission de la discipline aux générations futures, élaborèrent le Dai-Nippon Kendo Kata, renommé par la suite Nihon Kendo Kata. Ce texte avait pour but d’harmoniser et d’enseigner les techniques et la philosophie du sabre japonais.

C’est la première fois que le terme « Kendo » apparaissait.

Après la Seconde Guerre Mondiale…

Après la défaite du Japon, la pratique du Kendo fut interdite par les armées américaines qui l’accusaient de véhiculer les idéologies militaires du Bushido. Il faudra attendre sept ans la fin de l’occupation, en 1952, pour que la fédération de Kendo japonaise soit reconstituée sous le nom de  ZNKR : Zen Nihon Kendo Renmei. Le kendo réapparaît et des experts japonais sont dépêchés afin de présenter cette discipline à l’étranger.

Le désir de la fédération est alors de rendre la discipline plus sportive et ainsi accessible à tous. De meilleures règles de sécurité et d’arbitrage sont instaurées, seules les bonnes frappes (datotsobu) sur les parties du corps protégés par l’armure (datotsubui) sont admises et tous gestes de violence, volontaires ou non, sont prohibés et pénalisés en compétition (hansoku).

Ainsi, chaque kenshi peut exprimer librement sa coupe, développer son esprit combatif sans contrainte et s’engager pleinement sans craindre de se blesser ou de blesser autrui.

Le Kendo en France

La première démonstration de kendo en France eut lieu en 1899, à l’occasion d’une visite de Jigoro Kano (fondateur du judo). En 1952, Minoru Mochizuki fut dépêché pour introduire la discipline en France. Depuis, les clubs et les pratiquants de Kendo sont de plus en plus nombreux, et sous l’égide du CNK, Comité National de Kendo, rattaché à la FFJDA.

Chaque année, la ZNKR dépêche des experts dans les quatre coin du globe, chargés de transmettre les valeurs du Kendo.

Damien Barelli,
Lisieux,
Mars 2015

pour Kendo Club Brionne, Normandie